L’invitation à la vie
Patrick NicolaïPatrick Nicolaï met en scène un personnage peu glorieux, qui s’attire la curiosité de ses pairs. Sa manière d’écrire est reconnaissable, son univers poétique foisonnant. L’histoire d’une fille, d’un jeune homme atteint de schizophrénie, d’un cercle d’amis qui s’agrandit de plus en plus. Faut-il y voir un monde autonome et réaliste, ou parfaitement imaginaire selon d’autres ? Les poèmes se succèdent, le plus souvent sur le schéma du sonnet, grâce aux alexandrins caoutchoucs, qui viennent naturellement au poète, où le lecteur apprend à lire au fil des mots, et à retrouver ses émotions propres. Consécration de la femme, infanticide déguisé, voyage au temple de Shaolin, poèmes d’humour également, l’auteur donne corps à sa déraison et nous raconte cette histoire dont l’écriture a débuté il y a cinq ans déjà. La poésie de Patrick Nicolaï est pleinement inscrite dans le XXIe siècle.

Patrick naît en mille neuf cent soixante dix-neuf dans une famille de juriste. Sa mère est cadre à Aéroport de Paris. Son père est commissaire. Il est l’archétype de l’enfant timide dont la turbulence cache l’embarras à communiquer. Originaire de corse il passe une enfance heureuse et va l’été dans son village au sud de l’île où il trouve la nature riante et les filles très belles. Très tôt son climat et ses paysages développent son sens poétique. Triste il rentre en banlieue à la fin des vacances et se sent à l’écart sur le continent.
Ses professeurs trouvent son travail insuffisant. Son absence de travail et d’écoute en cours rend sa scolarité médiocre. On lui reproche dans l’ensemble d’être dispersé et de manquer de rigueur. Bon en sport, il pratique le judo jusqu’à la ceinture bleue. Il obtient son brevet des collèges mais redouble sa troisième.
Patrick fait une seconde générale puis une section littéraire. Il lit de nombreux recueil de vers, écrit de nombreux sonnets, pastiche dans des formes classiques mais ses textes à son grand regret sont moins bons que ceux de Baudelaire. Il fait un voyage en Irlande d’où il revient nostalgique avec l’esprit dublinois. Jusqu’à ses premiers vrais textes il griffonne près de deux cent poèmes. Il doute de son talent de poète devant l’œuvre des romantiques qu’il voudrait égaler et constate que des milliers de lycéens réussissent leurs études mieux que lui sans se prendre pour des auteurs à la postérité. Il se rend compte qu’il faut faire un travail sur sa timidité. Puis il fait un voyage à Amsterdam avec un ami poète et commence à parler seul fréquemment dans la rue ; l’angoisse qui se développe est liée à la consommation occasionnelle de cannabis. Vacances d’été en Angleterre. Il obtient le baccalauréat littéraire en juin 1999
Etudiant à la Sorbonne Patrick n’assiste qu’irrégulièrement aux cours sans obtenir son Deug de philosophie. Il n’aime pas leur enseignement qu’il trouve complexe et formaliste. La Sorbonne ne représente plus pour lui ce qu’elle incarnait au siècle dernier. Il prend des notes dans des cahiers, regarde des reportages sur le câble et écrit des aphorismes, inquiet des artistes grand publics et de leur mercantilisme. Rencontres fortuites avec des écrivains à la maison de la poésie ; il lit régulièrement les poètes contemporains mais sans y trouver l’expression de sa propre angoisse. Le noctambulisme et la vie parisienne lui plaisent. Il fréquente souvent la rue de la soif, traîne au forum des halles ou au quartier latin. L’écriture d’un recueil qui sera dans la tradition romantique, mais, avec la réalité à l’intérieur est entamée.
Il fait imprimer chez un petit imprimeur un fascicule qui contient le meilleur poème qu’il ait fait jusque là, Modern style en l’an 2000. 100 exemplaires qu’il distribue et vends un euro à qui veulent bien le lui acheter. Il ne trouve autour de lui aucun étudiant réellement poète ou doué pour l’écriture. Il est attiré par les actrices, l’Amérique et rêve de faire connaître sa poésie un jour dans tous les pays francophones. Cette période c’est la nuit, le rêve, l’errance universitaire.
Puis vient le coup de canon de l’hospitalisation en psychiatrie. On le sangle sur un brancard, l’enferme en cellule d’isolement, et le maintient en hôpital par une injection intramusculaire de sédatifs et une prise quotidienne de neuropletiques. Ses parents sont anxieux de voir leur fils parler seul et arpenter les rues la nuit dans une pérégrination harassante. La vue saccadée, le tête bourdonnante, il se tient les tempes dans les couloirs de l’hôpital et ressort trois semaines plus tard avec une personnalité à reconstruire progressivement. Il commence à pratiquer la musculation pour se remettre en forme, fait quelque temps du kung-fu. Visiblement il s’enthousiasme pour ce sport de combat.
Il commence à travailler et connaît plusieurs affectations à Clamart et Montreuil sous bois. Après des CV, des lettres de motivation, des emplois de responsable de rayon en supermarché, de bibliothécaire, d’agent d’accueil, d’archiviste en marie, Il connaît une période de chômage et se rends compte qu’il n’aime pas vivre dans un carré. Il passe huit jours à New York au printemps deux mille quatre et s’intéresse à "Big apple" à Broadway, au cinéma américain. Suivi par son psychiatre il a du mal pendant un moment à trouver l’inspiration celui-ci assimilant cela à une maladie.
Après une deuxième hospitalisation qui le fera changer d’avis et cinq années à écrire des poèmes, il publie "Un hiver abstrait". La pensée universelle lui propose un tirage de trois cent exemplaires disponibles par la Fnac et leur site internet. Faire le réel d’une façon poétique est un moyen pour lui d’atteindre la vérité.
Il entre en formation dans le domaine de l’audiovisuel où il apprend l’histoire du cinéma, la vidéo et le montage. Poète expressionniste il a écrit plus d’une centaine de textes depuis son premier recueil. Patrick n’est pas un enfant de la bale, issu du monde du spectacle. Il a réalisé quelques films courts et joue dans les shorts films des élèves.
Il réalise en 2007 son premier documentaire, "Du 15 juillet au 15 août" où il fait découvrir la vie estivale de son village. Et pratique la photographie en accumulant une quantité importante de clichés..
Aujourd’hui il vit à Ajaccio et pratique l’infographie et le montage photo également.
Patrick a voulu publier ce livre pour rendre abordable au grand public une poésie qu’il a fait connaître au gré de rencontres fortuites. Les exemplaires de son recueil vendus en dépôts dans les librairies, dans la rue, à des dédicaces en Corse, dans le métro à Paris, à des proches ou lointains amis, se sont écoulés en deux ans. Mais il n’a pas trouvé la gloire auprès du grand public, même après les retours d’écrivains reconnus.
Un Universitaire réputé, Joël Thomas, travaillant sur les mythes de la littérature a notamment fait une étude de son poème Orphée.
Poète totalement étranger à la chose littéraire, Patrick participe de temps à autre à des dédicaces régionales, et des expositions ou quelques centaines de gens viennent, malgré le mauvais temps, hors du cadre de toute manifestation en faveur de la poésie.









